L’adoption commence bien avant le jour J !
Adopter un chien, ça commence avant son arrivée
À noter que dans cet article je ne parle que de ma façon de faire. Certains collègues proposent l’accompagnement pré-adoption différemment.
Après quelques années de pratique et des dizaines de rencontres avec des familles, je suis intimement persuadée qu’une adoption réussie commence bien avant l’arrivée du chien.
Un peu comme une grossesse qui se concrétise par LA rencontre le jour de la naissance, l’adoption est un chemin, un processus qui nécessite d’être pensé, réfléchi, challengé, remis en question parfois. Choisir de partager son quotidien avec un chien pendant 10 à 15 ans doit être un acte réfléchi, qui est l’aboutissement d’une réflexion plutôt que la réponse à un coup de cœur ou une impulsion sous le coup de l’émotion.
Parce qu’on est souvent plein de bonnes intentions quand on envisage d’adopter un chiot… mais elles ne suffisent pas toujours à construire un projet réellement adapté.
Petite confidence d’éducatrice canine : lorsque je rencontre des familles en grande difficulté avec leur chiot — parfois jusqu’à envisager un replacement — dans la majorité des cas, certaines déconvenues auraient pu être évitées ou largement atténuées avec un accompagnement en pré-adoption.
Beaucoup de situations difficiles vécues ensuite, comme le puppy blues (cliquer pour lire l’article à ce sujet) peuvent être atténuées en préparant mieux le projet.
Pourquoi tant de difficultés apparaissent-elles après l’adoption ?
Dans la vraie vie, on adopte un bébé : un être immature qui découvre le monde, expérimente (oui, manger vos chaussures en fait partie) et apprend… lentement.
Le problème n’est pas le chiot, mais le décalage entre l’image idéalisée et la réalité. Sur les films ou les réseaux, la vie avec un chien semble lisse : complice, à l’écoute, et avec pour seuls désagréments quelques poils ou un peu de boue.
Dans la réalité, on s’est souvent projeté avec un adulte… alors qu’on a adopté un bébé. La petite boule de poils peut vite se transformer en gremlin qui réclame de l’attention, fait pipi dans la maison (de préférence sur vos vêtements préférés), mordille sans cesse et court partout. Pour peu que vous ayez choisi une race un peu active, vous avez vite l’impression que votre chiot est livré avec des piles Duracell.
Au-delà de l’image idéalisée, personne ne nous apprend vraiment les besoins réels du chien selon son caractère ou sa race. Un malinois n’aura pas les mêmes besoins qu’un bichon maltais. Et parfois, c’est même notre environnement de vie qui complique les choses et empêche le chien de s’épanouir sereinement.
Beaucoup de familles découvrent ces difficultés une fois que le chiot est à la maison, parfois en plein puppy blues.
Choisir un chien, ce n’est pas choisir une race sur photo
On choisit souvent avec le cœur. Une robe magnifique, une allure élégante, une vidéo attendrissante… c’est normal et parfaitement humain. Mais derrière chaque race se cachent des besoins spécifiques.
Le chien est l’un des premiers animaux domestiqués il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. Et depuis tout ce temps, l’humain l’a sélectionné, façonné à son image, pour coller à ses besoins. Les races sont ainsi apparues. Et espérer effacer des centaines d’années de sélection pour les incliner dans notre vie est purement utopique.
Certaines ont été sélectionnées pour travailler plusieurs heures par jour, réfléchir, analyser, agir. D’autres pour vivre au plus près de l’humain. Certaines sont très sensibles émotionnellement, d’autres plus indépendantes.
Un malinois n’aura pas les mêmes besoins physiques et mentaux qu’un bichon maltais. Cela paraît évident… et pourtant, dans la réalité, ce critère est souvent relégué derrière l’esthétique ou l’image qu’on s’en fait.
Choisir un chien, c’est choisir une énergie, une sensibilité, un rythme de vie. Et ces besoins ne disparaissent pas parce qu’on vit en appartement à Annecy ou dans un quartier plus vert proche de Rumilly.
Comment adapter son projet à sa réalité ?
Tous les projets d’adoption sont différents, et vos besoins et envies seront forcément propres à votre famille et à votre rythme de vie.
Vivre en appartement en centre-ville ou dans une maison plus au calme ne pose pas les mêmes contraintes. De même que travailler à temps plein, en horaires décalés ou en télétravail change profondément l’organisation du foyer.
La présence d’enfants, l’accès aux espaces naturels, la proximité du Semnoz ou du lac, la sensibilité au bruit, la tolérance au désordre… tous ces éléments comptent parce qu’ils vont profondément influencer votre quotidien.
Un chien peut s’adapter à beaucoup de choses, mais certaines situations peuvent tout de même être difficiles et avoir des conséquences sur son bien-être et le vôtre.
Un chien très énergique dans un environnement hyper stimulant, un chien sensible dans un foyer très animé, un chiot laissé seul de longues heures sans préparation… ce sont souvent ces décalages qui créent les premières tensions, les doutes, parfois même le fameux puppy blues.
L’accompagnement pré-adoption permet justement d’aligner votre futur compagnon avec votre réalité quotidienne. Il ne s’agit pas de trouver le chien « parfait », mais celui qui pourra évoluer de façon harmonieuse dans votre cadre de vie, avec vos contraintes réelles — et vos vraies envies.
Parce qu’une adoption réussie ne repose pas sur l’espoir que « ça ira »… mais sur un projet réfléchi et ajusté.
La pré-adoption : qu’est-ce que c’est exactement ?
L’accompagnement pré-adoption a pour objectif de faire le point avec la future famille, de prendre en compte ses envies, ses besoins, et les points de vigilance vis-à-vis de son projet d’adoption.
En général, les familles me présentent leur réflexion, ce qui est important pour elles, leur façon de vivre, leur cadre de vie, mais aussi leurs limites. C’est un point très important à mes yeux, parce que si on est prêt à faire certaines concessions quand on envisage d’adopter un chiot trop mignon et qu’on est porté par cette énergie, il est fort probable qu’au bout de plusieurs mois, les petits grains de sable soient devenus des cailloux qui entravent sacrément la relation.
Prenons un exemple personnel : j’aime beaucoup le berger des Shetland, mais j’ai une sensibilité au bruit. Or, le Shetland est connu pour être plutôt aboyeur. Même en sélectionnant une lignée peu aboyeuse, il y a un gros risque que la génétique s’exprime à un moment donné. Ce qui aurait pu sembler négligeable avec un chiot de 3 mois m’aurait sans doute rapidement tapé sur le système au bout de quelques semaines.
L’objectif de la pré-adoption, c’est précisément ça : vous aider à construire un projet cohérent et à choisir un compagnon réellement adapté à votre quotidien. Évidemment, je ne choisis jamais à votre place. Je vous partage mon regard extérieur et mon expérience, mais la décision vous appartient toujours.
Il peut m’arriver de vous conseiller de repousser le projet ou de le réorienter (adopter un adulte plutôt qu’un chiot, par exemple) si j’estime que les conditions actuelles ne sont pas compatibles. Là encore, vous restez libres — mon rôle est d’éclairer, pas d’imposer.
L’art de la prévention
Comme le dit si bien le proverbe « mieux vaut prévenir que guérir », le service pré-adoption a pour objectif de vous aider à moins subir la situation avec votre chien.
- Comment éviter la désillusion ?
- Comment traverser les premiers mois avec plus de sérénité ?
- Comment anticiper les situations difficiles et gagner en compréhension ?
L’accompagnement pré-adoption, c’est investir en amont pour protéger la relation future et le bien-être de toute la famille.
Cécile, qui a bénéficié de cet accompagnement, témoigne :
« J’ai rencontré Emilie au Festi’dog à Annecy, où j’ai pu échanger avec elle sur mon projet d’accueillir un chien. Elle m’a accompagnée dès la phase de réflexion : choisir entre élevage ou refuge, comprendre les caractéristiques des races, se poser les bonnes questions…
Je l’ai ensuite sollicitée pour préparer l’arrivée de mon chiot : le matériel, les premiers conseils, la propreté, les bases de la vie ensemble, avec toujours un récapitulatif clair après chaque séance.
Puis nous avons poursuivi avec le forfait 5 séances pour l’éducation. Emilie est très pédagogue, à l’écoute, elle explique le sens des exercices et s’adapte autant au chien qu’à l’humain. Les récapitulatifs avec vidéos sont précieux pour continuer à progresser entre les séances.
Un immense merci pour cet accompagnement essentiel pour bien débuter la cohabitation avec cette petite boule de poils. Amayas vous envoie des câlins (et promet de rester première de la classe !). »
Ce genre de retour me conforte dans l’idée que prendre le temps en amont change profondément la suite de l’histoire. Parce qu’une adoption réussie, ce n’est pas un hasard, c’est un projet construit.
À qui s’adresse l’accompagnement pré-adoption ?
L’accompagnement pré-adoption ne s’adresse pas uniquement aux personnes qui adoptent un chien pour la première fois. Il est aussi adapté à ceux qui veulent faire les choses « dans le bon ordre », sans se laisser uniquement guider par l’émotion.
Aux familles avec ou sans enfants, aux adoptants en refuge comme chez un éleveur. Et aussi — peut-être surtout — à celles et ceux qui ont déjà eu un chien.
Parce que chaque projet est différent, chaque période de vie a ses propres contraintes. Et avoir déjà partagé sa vie avec un chien ne garantit pas que le prochain choix sera forcément adapté à la réalité actuelle. Se faire accompagner, ce n’est pas reconnaître une incompétence. C’est choisir d’avoir un regard extérieur et lucide sur sa propre situation.
Comment se déroule un accompagnement pré-adoption ?
Concrètement, l’accompagnement pré-adoption est un temps d’échange approfondi.
Nous parlons de votre quotidien, de votre rythme de vie, de vos envies, de vos limites aussi. Je vous pose des questions parfois très concrètes, parfois plus inconfortables — mais toujours bienveillantes.
Nous explorons ensemble les différents scénarios possibles : chiot ou adulte, refuge ou élevage, type de tempérament, niveau d’énergie, sensibilité.
Je vous partage mon expérience, mes observations de terrain, les points de vigilance à anticiper. Vous repartez avec une vision plus claire, plus réaliste, plus alignée.
L’objectif n’est pas de vous pousser à adopter, mais de vous aider à décider en conscience.
Bien adopter, c’est déjà prendre soin
Adopter un chien, ce n’est pas seulement craquer pour une bouille adorable. C’est choisir un compagnon pour de nombreuses années. C’est accepter de s’adapter autant qu’il devra le faire. C’est construire une relation durable.
L’adoption commence bien avant le jour J. Elle commence dans cette réflexion sur qui vous êtes vraiment, comment vous vivez au quotidien, ce que vous êtes prêt à accueillir et ce qui pourrait devenir un poids. Elle commence quand vous acceptez de regarder au-delà de l’image idéalisée pour construire un projet ancré dans votre réalité.
Parce qu’un chiot bien choisi, c’est un chiot qui pourra s’épanouir à vos côtés. C’est moins de désillusion, moins de tensions, plus de complicité. C’est une relation qui se construit sur des bases solides plutôt que sur l’espoir que « ça ira ».
Si vous envisagez d’adopter un chien et que vous souhaitez être accompagné dans cette réflexion, n’hésitez pas à me contacter. Je propose des accompagnements pré-adoption pour construire ensemble un projet cohérent et serein.
Une fois le chiot arrivé, un accompagnement dès les premières semaines permet de poser un cadre rassurant et d’éviter bien des difficultés. J’en parle plus en détail dans cet article dédié à l’accompagnement du chiot.
Et parfois, le plus beau cadeau à faire à un chien… c’est simplement de prendre le temps avant de l’adopter.